Harlan, une rage allemande

Harlan, une rage allemande

Fils d'un réalisateur star du IIIe Reich, Thomas Harlan, militant communiste et cinéaste, se révèle aussi brûlant dans sa prose que dans sa vie.

« Vous avez souvent rencontré Goebbels ? - Souvent. - Est-ce que vous l'aimiez ? - Je l'aimais. - Pourquoi ? - Parce qu'il s'occupait de moi comme si j'étais son fils [...]. Une nuit, alors que je dormais déjà, il entra dans ma chambre, me réveilla et me dit : "Habille-toi." Et alors je l'accompagnais dans sa voiture, parmi une escorte d'automobiles, au milieu de la nuit, jusqu'au grand magasin Wertheim, aryanisé depuis longtemps, qu'il avait fait ouvrir uniquement pour moi, occupé par un personnel au garde-à-vous et entièrement illuminé. Et là, j'ai dû me choisir un chemin de fer miniature, un train de Märklin. Des locomotives, des wagons-lits, des wagons à bestiaux... [...] Avec ça, Goebbels a éclipsé tous les autres, et les autres cadeaux ne faisaient plus aucune impression ; seulement les siens, et le rôle particulier que je jouais pour lui, dans lequel je pouvais me prélasser. » L'enfant a rencontré aussi Adolf Hitler, éprouvé « son regard de fakir et ce mouvement ondulant et p ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »