Haïr d'amour

Haïr d'amour

Loin de son Algérie natale, Vendredi élève sa fille impasse Verlaine, dans une HLM auvergnate, où racines et parenté jouent des drames ataviques.

Le vent dans les cheveux, « la petite chevrière » court dans l'Aurès camusiens où « le soleil se lève et se couche indifférent à la sueur des peaux brunes ». Précipitée hors de son Éden par la colère de sa mère, Vendredi est mariée de force à un cousin, après s'être enfuie, « le voile en étendard », pour apprendre à lire. Arrivée en France, elle donne naissance à une enfant non désirée. Cette terrible entrée dans le monde constitue le début d'une relation faite de violence et de complicité. Comme le Brasse-Bouillon inventé par Hervé Bazin dans Vipère au poing, la fille pense qu'elle peut « haïr d'amour » cette mère admirée malgré les coups.

Ironiquement divisées par leurs similitudes, mère et fille entretiennent un rapport contrarié à leur identité. Trop jeune pour être mère, Vendredi est solaire avant d'être sexuée. Elle se fera retirer l'utérus. Malgré son amour pour les femmes, sa fille maudit ses formes naissantes, qui la renvoient à la féminité de Vendredi. Radi ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard