Guerres de l'œil

Guerres de l'œil

Après Le Seigneur des anneaux, Peter Jackson adapte Le Hobbit. La vision, au sens large, est bien cruciale chez Tolkien, ce que peut révéler sa confrontation avec le cinéma.

Le Seigneur des anneaux a longtemps reposé au panthéon des romans « inadaptables ». La catégorie recoupe une part objective : l'ampleur du texte soulève de terribles difficultés scénaristiques, techniques et budgétaires. Mais c'est aussi affaire de symbolique, sinon de rapport de forces : le qualificatif marque souvent des textes sanctuarisés par des lecteurs si passionnés et rigoristes qu'ils intimident toute tentative d'adaptation.

Il faut dès lors avant tout rappeler combien l'adaptation est une opération courante chez Tolkien lui-même. Si, comme l'écrivait le critique Jean Mitry, « le cinéma est un monde qui s'organise en récit tandis que la littérature est un récit qui s'organise en monde », le sens du déploiement est indécis chez Tolkien. Le Seigneur des anneaux n'actualise qu'une infime fraction (spatiale et temporelle), et sur un mode exclusivement romanesque, de l'univers conjecturé par le composite Silmarillion. Il est déjà à sa m ...

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