Guerre des mots

Guerre des mots

Retraçant de façon haletante un conflit entre Indiens Algonquins et colons anglais, une historienne démontre combien l'état de guerre - qui serait aujourd'hui le nôtre - est aussi affaire de langage.

« Nous sommes en guerre », a dit et répété Manuel Valls le 14 novembre 2015 ; les attentats de la veille venaient à peine d'être qualifiés par François Hollande, à l'issue du Conseil de défense, comme « un acte de guerre commis par une armée terroriste » ; puis le terme a été repris par journalistes et politiques. Seulement voilà, on aimerait bien savoir ce que cela veut dire. Quelles visions est-ce que cela implique, la guerre ? Quelle lecture du monde, quelles inflexions dans l'analyse ? « Les mots de la guerre, observe Jill Lepore, sont la plupart du temps des mensonges. Fausses informations, rumeurs, tromperies. » Dire que nous sommes en guerre, c'est donc avant tout signifier que la République change de régime de vérité. Les paroles, les gestes, les images, bref tout notre système de signes passe sous une autre juridiction.

Laquelle ? Dès qu'il s'agit de guerre, on en revient toujours un peu aux cow-boys et aux Indiens - jeu d'enfants par lequel les groupes se divisent, ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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