Gros poisson

Gros poisson

Un psychiatre fait parler ses patients en leur donnant des drogues :un furieux rodéo verbal.

Requin est le deuxième volet d'un triptyque en forme de divorce : grimé en Joyce (sans les jeux de mots et les références obscures), l'inébranlable Will Self achève de tourner le dos à une littérature inapte, selon lui, à dire les convulsions du siècle. Il faut le suivre et pister, le coeur en bandoulière, le psychiatre Zach Busner dans son projet d'expérimentations sous influences. Dans la Concept House, en effet, au nord-ouest de Londres, on fait parler les patients en leur donnant des drogues. La narration l'atteste : furieux carambolage de voix, de pensées, de consciences, sans chapitres ni paragraphes. « Et le monde enfumé continue de tourner autour de sa tête brumeuse. » Tout un programme.

La virtuosité de l'écrivain, c'est de parvenir à rendre intelligible ce tourbillon sensoriel. Et à nous passionner, notamment, pour le destin de Claude Evenrude, embarqué en 1945 sur le USS Indianapolis (qui, alors qu'il transportait des fragments de la bombe d'Hiros ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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