Grandeur de l'esprit, misère de l'homme

Grandeur de l'esprit, misère de l'homme

Dans les Pensées , Pascal distingue trois « ordres » : la chair, l'esprit et la charité l'amour de Dieu et du prochain. Si l'esprit révèle à l'homme sa condition misérable, seule la charité permet d'y échapper.

Habitués que nous sommes aujourd'hui à la notion de « dignité de la personne » héritée de Kant, nous avons un peu de mal à remonter à la notion de « dignité de l'homme » héritée de la théologie chrétienne. Pour Kant, l'homme est un être à la fois sensible et rationnel, et c'est en tant que personne qu'il a une dignité : en tant que sujet conscient de lui-même et sujet d'imputation morale, ou « fin en soi ». Tout autre est la perspective théologique, dans laquelle la dignité attribuée à l'homme tient à ce que celui-ci est un être créé à l'image de Dieu ou un être qui, de par sa nature, a Dieu pour fin.

À première vue, Pascal s'inscrit sans problème dans cette tradition. Ne professe-t-il pas constamment la théorie augustinienne selon laquelle l'homme est un être double : un être qui, de par sa création, est capable ou digne de Dieu, mais un être qui, de par sa chute, est incapable ou indigne de Dieu ? Dans celui qui s'aime infiniment lui-même à la place de Dieu, la capacité de ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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