Mathias Énard: «La liberté, l'humour, l'ivresse, c'est aussi l'islam» et Kamel Daoud: «L'islamisme tombera car il est une impossibilité»

Mathias Énard: «La liberté, l'humour, l'ivresse, c'est aussi l'islam» et Kamel Daoud: «L'islamisme tombera car il est une impossibilité»

L'un a reçu le Goncourt pour Boussole, l'autre le Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête. Ils dialoguent à notre invitation.

LEURS LIVRES

MATHIAS ÉNARD Meursault, contre-enquête est un vrai coup de génie. En le lisant, on se demande comment on a pu passer tant d'années depuis la publication de L'Étranger sans voir cette absence de l'Arabe assassiné et sans chercher à la remplir. J'ai trouvé belle et puissante cette idée de remettre « l'Histoire à parts égales », pour employer l'expression de l'historien Romain Bertrand. Il s'agit de contrebalancer les choses en n'oubliant aucune des versions ; pour cela, il fallait mettre fin littérairement parlant à la domination postcoloniale.

KAMEL DAOUD. Ah, Boussole... Généralement, je suis allergique aux orientalismes. D'abord pour des raisons historiques : c'est un fantasme qui m'a toujours rebuté, qu'il soit de droite ou de gauche, compassionnel ou folklorique. Ensuite parce que je n'aime pas être confondu avec cette géographie de l'Orient : je suis maghrébin, c'est un ab ...

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