Leïla Slimani : « Je revendique l'inconfort »

Leïla Slimani : « Je revendique l'inconfort »

Après une nymphomane désespérée, une nounou infanticide : si, dans ses romans, Leïla Slimani s'aventure aux confins de l'indicible et de la folie, la trentenaire couronnée par le dernier prix Goncourt garde la tête froide.

En deux livres, Leïla Slimani, 35 ans, s'est imposée comme une figure montante des lettres françaises. Son prix Goncourt pour Chanson douce a été suivi d'un beau succès public : 600 000 lecteurs, à l'heure où nous écrivions ses lignes, ont découvert Louise, nounou qui cache, sous des dehors d'employée idéale, un coeur noirci par les blessures, une folie qui culminera, nous dit le premier chapitre, par un double infanticide. Dès lors tout l'enjeu du livre sera d'en trouver les raisons. Rencontre avec la romancière, tout juste revenue d'une triomphale tournée des libraires.

Comme votre roman précédent, Chanson douce est de ces livres que le lecteur écrit à moitié : l'action domine, et, si vous donnez beaucoup d'indices symboliques - telle cette carcasse de poulet que votre nounou laisse, impeccablement nettoyée, à ses employeurs -, vous donnez au lecteur la latitude pour se fabriquer ses propres explications... Cette qualité allusive, c'est quelque ch ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes