Glissant au plus juste

Glissant au plus juste

Lors d'un colloque new-yorkais sur Deleuze, Édouard Glissant est le seul conférencier à s'exprimer en français. À son confrère François Noudelmann qui s'étonne, il confie mi-sérieux mi-ironique : « Je parle toujours dans les langues minoritaires. » Cette biographie regorge de ces saynètes qui témoignent de douze années d'échanges et d'amitié, jusqu'à la mort de l'écrivain martiniquais en 2011. C'est la grande trouvaille de ce portrait que de ponctuer la chronologie par ces incursions dans les années 2000 : ces courts récits, à la fois plus intimes et plus stylisés, « trouent » l'hagiographie tout en modulant la cohérence du personnage.

Naviguant des vies concrètes aux « vies non vécues » de l'oeuvre, du Lamentin à Paris et de Cuba à New York, François Noudelmann déploie l'existence en archipel d'un homme du divers et de l'imprévisible : un nomade « par nature et par choix », tour à tour gamin déshérité, agent de liaison au Maroc, porte-voix des luttes anticolonialistes, ou ro ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon