Gaston, maître flemme

Gaston, maître flemme

Gaston Lagaffe, le héros de Franquin, est paresseux, assurément. Mais il possède une force presque surhumaine : voilà un être qui ne rompt, ni ne plie, devant rien ni personne.

Je suis une fatalité », dit, quelque part, Nietzsche. Gaston aussi est une fatalité. Mais une fatalité d'un tout autre genre. Une fatalité molle, tiède, informe et immuable. Gaston, d'ailleurs, apparaît dans le journal de Spirou, « sans explication, sans titre, rien ». Ses premiers mots, il les échange avec Spirou lui-même :

Qui êtes-vous ?

Gaston.

Que faites-vous ici ?

J'attends.

Vous attendez quoi ?

J'sais pas... J'attends...

Mais vous êtes bien sûr que c'est ici que vous devez venir ?

Beuh...

Gaston survient. Gaston advient. Gaston est. Incontournable et bête. Tout comme le réel lui-même, Gaston n'a ni but, ni pourquoi. Clément Rosset à ce propos parle « d'idiotie »... Et idiot, Gaston l'est abondamment. Et paresseux, alors, infiniment. Physiologiquement rétif, inepte, inapte, à tout travail de bureau que Fantasio et Prunelle tenteront successivement de lui imposer, tantôt dans le paroxysme de l'exaspération furieuse, ...

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