Généalogie d'une rage

Généalogie d'une rage

Du procès du gang des barbares aux attentats de Charlie Hebdoet du Bataclan, Marc Weitzmann tente de saisir, dans son nouveau livre,les singularités de l'islamisme français.

Il faut attendre les derniers chapitres d'Un temps pour haïr pour que son véritable sens - une catastrophe inéluctable, quelque chose d'une tristesse sans fond - éclose fugacement, comme en réponse aux fleurs autrement délétères d'un certain Baudelaire (la référence n'est pas fortuite : l'intelligibilité de ce monde, semble nous souffler l'auteur, n'est plus accessible qu'aux poètes et aux fous). « Rien n'est vrai, tout est permis. » Jusqu'alors, le livre de Marc Weitzmann, procédant par reptation, s'approchait, avec une hargne parfois très kafkaïenne (c'est-à-dire paisible, obstinée), d'un sujet qui paraissait s'éloigner au même rythme : la haine des Juifs. Et si cette haine, suggère l'auteur en dernier ressort, tenait au caractère « instable » du peuple élu, à son souci chronique de réinvention de soi, empêchant la paix et la stabilité au nom d'un récit jamais pleinement réalisé - une permanence plastique, écrit-il encore, « qui mine d'avance toute consolation d'éternité ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

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