François Villon, le génie des rognures

François Villon, le génie des rognures

On a beau le commenter, le rapiécer, le traduire, le farcir et le cuisiner depuis plus de cinq siècles, toujours le poète médiéval échappe et se dérobe. Une exemplaire édition en Pléiade parvient néanmoins à nous transmettre l'héritage composite de cet artiste du lambeau, clamant la fatalité de la dispersion.

Un testament pour clamer qu'on n'a rien à léguer, un chèque en bois émis il y a quelque cinq cent cinquante ans : tel est le coup, imparable, de François Villon, ce pourquoi il est peut-être le premier écrivain français, au sens le plus moderne. L'essentiel des textes de Villon, tout au moins ceux qui nous sont parvenus, se concentre en effet dans un grand Testament, précédé d'un plus court Lais - c'est-à-dire un legs. Le registre testamentaire est certes une ficelle rhétorique usitée en son temps, mais Villon la tournicote jusqu'à ses dernières limites.

Disant ne rien pouvoir nous léguer, que nous laisse-t-il ? D'abord peu de textes avérés. Dans « La Pléiade », Villon n'était jusqu'alors qu'un des larrons du recueil Poètes et romanciers du Moyen Âge. Tout mouillés, ses textes représentent un gros tiers des Œuvres complètes paraissant aujourd'hui, qui comprennent par ailleurs une anthologie de textes consacrés au poète (belle manière de mar ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard