Frères amasseurs

Frères amasseurs

Les frères Collyer, Homer et Langley, ont bel et bien existé. « Bel et bien » n'est peut-être pas l'expression qui convient tant leur vie fut étrange et leur mort dramatique. Homer était l'aîné, né en 1881, Langley avait quatre ans de moins. Fils d'un gynécologue assez fantasque et d'une chanteuse lyrique, ils vécurent leur dernier quart de siècle, seuls, à Harlem, New York, dans la maison de famille de quatre étages, sans payer aucune taxe, aucune facture d'électricité, d'eau, de gaz, et en accumulant tout ce qui peut l'être. Lorsque, en mars 1947, on retrouva leurs corps, on sortit de la bâtisse 130 tonnes de rebuts de toutes sortes, dont quatorze pianos parmi une centaine d'instruments de musique, une Ford T, 25 000 livres, des stères de journaux, des landaus, des organes humains dans du formol, huit chats vivants, des kilomètres de soie tissée... Homer était mort de faim. Aveugle et paralysé, il n'avait pas pu se nourrir sans l'aide de son frère. Langley fut découvert quelques j ...

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon