Foules time

Foules time

Aux émois intimes, les écrivains des années 1920 ont substitué le monde urbain et ses destins collectifs.

Croire que les moments libérateurs de l'histoire suscitent de grandes formes d'art est tentant, mais c'est un peu plus compliqué, je le crains. La Révolution française n'a pas engendré de roman majeur, alors et ensuite, tout juste de grands chroniqueurs (Chateaubriand) et des historiens d'exception (Michelet). Le texte indépassable de la Révolution américaine reste la Constitution de 1776, et la russe ne connut ni Tolstoï ni Dostoïevski. L'effet de souffle de Mai 68 inhiba lui-même toute expression littéraire élaborée. Comme si ces bouleversements historiques, en réveillant nos rêves les plus messianiques, secrétaient leur propre romanesque devant lequel la fiction écrite se révèle démunie.

Une âme collective

Les guerres, ces briseuses d'utopie, ont parfois l'effet inverse. La fécondité littéraire des campagnes napoléoniennes n'est plus à prouver, de Stendhal à Balzac en passant encore par Tolstoï. Avec ses millions de soldats soumis à des déluges d'acier, le confl ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

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