Fleurs d'ellipses

Fleurs d'ellipses

Si l'essentiel était non la mémoire, mais l'oubli ? La preuve par le beau récit de Bulle Ogier, par celui d'une femme blessée par un ours et par les réminiscences d'une fille à la mort de son père.

Notre mémoire est prise dans un étau. D'un côté, nous sommes toujours rappelés à ses devoirs. De l'autre, elle est déléguée aux data centers. On doit se souvenir, et dans le même temps on n'a plus à se souvenir ou on ne parvient plus à se souvenir, noyé sous le flux de données. La mémoire vivante risque dès lors l'asphyxie, en ce sens qu'on ne valorise plus que sa part active - volontaire ou industrielle. Or elle est pour une large part involontaire, emprunte des labyrinthes ou des fausses routes qu'elle ne contrôle pas - ces cheminements singuliers, entre erreurs et trous, qui constituent une part conséquente de chacune de nos individualités. On se souvient d'une certaine manière parce qu'on oublie aussi d'une certaine manière.

Le propre du vivant réside peut-être moins dans la mémoire que dans l'oubli - ce dont plusieurs récits témoignent, dans des registres très différents. Deux d'entre eux le clament dès leur couverture. Avant que j'oublie, d'Anne Pauly ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.