Flaubert et son « cher tourment »

Flaubert et son « cher tourment »

Dès sa jeunesse, l'écrivain fut résolu dans sa vocation, mais pétri de perplexité quant à sa production.Ce doute constant, et l'épuisant perfectionnisme qu'il nourrit, fut la seule religion du grand incroyant.

Du fat, on dit : celui-là, vraiment, il ne doute de rien. Gustave Flaubert, à 18 ans, en terminale, passait pour un fat aux yeux de ses camarades de lycée. Pourquoi ? Parce qu'il ne se voyait qu'un seul avenir, celui d'un écrivain de génie : « Avant 10 ans, j'avais composé déjà - je rêvais les splendeurs du génie, - une salle éclairée - des applaudissements [...] et maintenant quoique j'aie encore la conviction de ma vocation, ou la plénitude d'un immense orgueil, je doute de plus en plus [...]. Ô la vie que je me bâtissais comme un roman, quelle vie ! Je suis fat, dit-on, et pourquoi alors ce doute que j'ai sur chacune de mes actions, ce vide qui me fait peur - toutes ces illusions parties » Souvenirs, notes et pensées intimes, 1839-1841. Ce scepticisme, il l'avait appris très tôt, chez les grands du xvie siècle : « Le Peut-être de Rabelais et le Que say-je de Montaigne, tous deux sont si vastes qu'on s'y perd » à Ernest Chevalier, 18 décembre 1839. Pour couper court aux médisances ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.