Fin de siècle à l'encre noire

Fin de siècle à l'encre noire

L'idéologie anarchiste semble mieux qu'aucune autre propice à l'expression artistique. La dernière décennie du xixe siècle illustre parfaitement cette propension. Mirbeau, Séverine, Scholl, Descaves... autant d'écrivains « sans dieu ni maître ».

Vers une ville au loin d'émeute et de tocsin,/ Où luit le couteau nu des guillotines,/ En tout à coup de fou désir, s'en va mon coeur .»

Signés Emile Verhaeren, ces vers d'un poème intitulé La Révolte 1 reflètent bien l'engouement d'un grand nombre d'écrivains de la fin du xixe siècle pour les idées anarchistes ou, plus généralement, pour ce que l'on appelait la « Sociale ». Face à l'injustice partout criante, aux inégalités, à la misère, le poète, comme tant de ses pairs en littérature, ne réprime pas son indignation. Le capitalisme regorge d'outrances et il convient de les dénoncer.

« C'est l'heure - et c'est là-bas que sonne le tocsin ;/ Des crosses de fusils battent ma porte ;/ Tuer, être tué ! - qu'importe ! »

Hier comme aujourd'hui, bien des écrivains français ont aimé à se revendiquer du drapeau noir. Peu dogmatique, prônant toutes les libertés et s'élevant apparemment, de fait, contre toutes les censures, l'idéologie anarchiste ne se ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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