Figures de style

Figures de style

L'écriture de Camus ne saurait se réduire au minimalisme des premières pages de L'Étranger. Dans ses oeuvres littéraires, il ne cesse de se réinventer en variant rythmes et tonalités.

Les phrases brèves, à la syntaxe minimale, qui ouvrent L'Étranger d'une manière magistrale sont en totale adéquation avec le rapport de Meursault au réel et à lui-même ; leur nouveauté dans l'écriture a frappé les premiers lecteurs du roman. Pour autant on ne peut réduire le style de Camus à cette « écriture blanche » ; il suffit, pour s'en rendre compte, de lire tout le roman, avec le soudain jaillissement des images, l'amplitude cadencée des longues périodes, la musicalité assumée des phrases - et ce dès la première partie et plus encore dans la seconde. Le travail de l'écriture en explore toute la gamme chromatique : Meursault ne peut pas parler - ou écrire ? - de la même manière selon qu'il enregistre les faits d'une journée banale, fait ressortir ironiquement la théâtralité du procès, épie dramatiquement les bruits qui pourraient annoncer son exécution, ou, à l'approche de celle-ci, épanche son bonheur d'avoir retrouvé un contact intérieur avec sa mère et avec « la ten ...

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

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 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon