Figures de l'inversion

Figures de l'inversion

Par-delà l'homosexualité et l'acception péjorative de l'inversion qu'elle suscite, Barthes joue de l'oscillation et du renversement.

Sans jouer explicitement sur la polysémie de l'« inversion », qui en fait un synonyme un peu péjoratif d'homosexualité, Barthes voit pourtant en elle un biais du savoir. Il aime, dans les fictions, dans le langage, tout ce qui est soumis à une loi de renversement. Chez Racine, les choses sont changées en leur contraire, cela s'appelle le revirement. Dans « Sarrasine », Balzac traduit l'inversion des sexes biologiques en inversion graphique : S/Z, les lettres retournées. Au Maroc, Barthes apprécie dans la cuisine les compositions ambiguës, le mouton au miel, le majun, narcotique et aphrodisiaque. Mais c'est chez Proust qu'il repère l'inversion comme loi de l'oeuvre. Il en fait un discours des opposés auquel il donne un nom, l'« énantiologie », formé à partir des « énantiosèmes », ou mots à sens contraires (comme « hôte » ou « crépuscule » en français), qui multiplient les possibles, débordent l'alternative, brouillent et retardent le sens : un principe de délicatesse en somm ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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