Fiasco royal

Fiasco royal

Chronique de la fin d'un monde, Les Adieux à la reine contaient la débâcle de l'Ancien Régime de 1789. L'Échange des princesses fait reculer la focale de presque soixante-dix ans, baromètre futuriste sondant, par anticipation, les stigmates de l'onde de choc qui renversera une société française moribonde.

Dès lors, le roman se lit dans un double mouvement : élan d'une promesse, d'abord, les problématiques de 1721 faisant signe vers celles de la fin du siècle et ne se lisant déjà plus en tant que telles, mais en augures et symptômes ; préfiguration rouée aussi, comme si les événements se donnaient à lire en tant que soubassements du séisme à venir. Nous voici plongés in medias res, dans les arcanes du pouvoir, juste avant la crise. Ce jeu romanesque sur la chronologie, exercé non pas à l'échelle du livre mais de l'oeuvre de Chantal Thomas, fait éclater les catégories du genre : s'intéressant à «l'idée-solution» du régent Philippe d'Orléans, qui permettra d'assurer une «complète réconciliation et une solide union» entre les royaumes de France et d'Espagne, Chantal Thomas fait subir à l'essai historique une opération de chirurgie esthétique, et au roman une expérience de chimie. Pour se laisser une chance d'accéder au trône, le Régent décide de donner pour épouse à Louis XV, 12 ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé