Festival de la BD d'Angoulême : notre sélection

Festival de la BD d'Angoulême : notre sélection

Le Grand Jury du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême, qui débute ce 24 janvier, s'apprête à décerner quatre prix à des albums sortis l'année passée parmi 45 sélectionnés. Pour l'occasion, le Nouveau Magazine Littéraire revient sur cinq romans graphiques en lice particulièrement appréciés à leur sortie. 

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême s’apprête à entamer sa 46ème édition. Rendez-vous incontournable du 9ème art, celle-ci aura lieu du 24 au 27 janvier 2019. Fin novembre dernier, le festival a dévoilé les 45 albums de sa sélection officielle pour quatre prix décernés : le Fauve d’Or - Prix du meilleur album, le Fauve d’Angoulême - Prix Spécial du Jury, le Fauve d’Angoulême – Prix de la Série et le Fauve d’Angoulême – Prix Révélation. Le Nouveau Magazine Littéraire s’était réjoui de plusieurs sorties, premiers opus ou nouveaux épisodes graphiques d’une série en cours qui figurent parmi cette sélection. On y trouve une autofiction au stylo à bille, l’histoire de Charlie Hebdo, le récit d’un fait divers qui a lieu dans l’Amérique de Trump, le nouvel épisode d’une jeunesse au Moyen-Orient, un café parisien raconté à l’aquarelle. À quelques jours de l’attribution des prix par le Grand Jury du Festival, retrouvez les chroniques de ces cinq albums en lice parues dans nos pages.

 

Emil Ferris, Moi ce que j’aime, c’est les monstres

L'un des plus beaux livres de cette rentrée a été tracé au stylo à bille - et est publié tel quel : un monumental roman graphique de plus de quatre cents pages (c'est seulement le premier tome) reprenant en fac-similé des pages de cahiers où, sous les dessins fourmillants, subsistent marges fuchsia, lignes bleutées, perforations et spirale métallique. L'ouvrage, relevant de l'autofiction, a une genèse pour le coup romanesque. Née en 1962, la dessinatrice Emil Ferris a longtemps vécu de commandes… 

Luz, Les Indélébiles

Cabu, chacun en fait l’éloge, mais pour Luz, qui l’a pratiqué pendant vingt-trois ans, c’est une toute autre histoire. Il l’a vu entrer dans des fureurs noires. Cabu ne supportait pas – et il le faisait vertement savoir en hurlant et en tapant du poing sur la table – les inconscients qui mettaient leur vie en danger en versant du lait dans leur café, geste qui, comme chacun ne sait pas, agit sur le système digestif comme un poison violent. Cette anecdote ne figure pas dans Les Indélébiles, tout comme y est absent le massacre qui a décimé la rédaction de Charlie au matin du 7 janvier 2015 auquel Luz a échappé, levé trop tard pour avoir fêté la veille son anniversaire. Avec un sens consommé du récit, de l’autodérision et une belle liberté de trait, Luz raconte sous forme de making of, la vie d’avant, l’aventure d’une équipe talentueuse et foutraque, toute au miracle de raconter sans faux col le monde à coups de crayon...

Nick Drnaso, Sabrina

Quand un fait divers sordide en vient à résumer parfaitement la société dans laquelle il se déroule, il y a de quoi frissonner. Dans Sabrina, son deuxième roman graphique, Nick Drnaso met en scène une disparition qui cache un meurtre, filmé puis diffusé sur Internet, avant d'être surmédiatisé et nié par des théoriciens du complot...

Riad Sattouf, L’Arabe du futur – Tome 4

Sorti le 27 septembre dernier, le quatrième tome de L'Arabe du futur de Riad Sattouf est immédiatement devenu numéro un des ventes, détrônant Destin français d'Éric Zemmour et s'écoulant à 27 000 exemplaires dès le premier week-end. Allary Éditions, qui en avait imprimé 250 000 copies, a immédiatement relancé un tirage de 50 000.

Brecht Evens, Les Rigoles

Quartier des Rigoles, la nuit, la foule et les lumières dissimulent des âmes solitaires : Jonaet son vieil ami sorti de prison ; Vic, que sa famille veut faire interner ; Rodolphe le dépressif... Le fil conducteur entre ces personnages : un taxi orné d'un squelette miniature. Le magnifique roman graphique d'un Belge qui réconcilie l'aquarelle et le néon.

Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »