Faut-il encore du style ?

Faut-il encore du style ?

Plusieurs essais récents interrogent l'actualité du style - notion infiniment discutable, difficilement définissable, confusément désuète, et néanmoins toujours stratégique.

«Il poursuit les mots répétés jusqu'à trente ou quarante lignes de distance [...], se donne un mal infini pour éviter les consonances fâcheuses, les redoublements de syllabe [...]. Surtout, il proscrit les rimes, les retours de fin de phrase apportant le même son [...].» C'est ainsi que Zola (1) décrivait Gustave Flaubert à sa table de travail, en 1875. L'auteur de Madame Bovary, de L'Éducation sentimentale, reconnu de son vivant comme un maître du «bien écrire», devenu depuis une référence irremplaçable dans l'enseignement de nos lettres, cet auteur-là n'avait qu'un seul credo : «Il n'y a pas en littérature de bonnes intentions : le style est tout (2).» Combien de romanciers aujourd'hui, à l'heure du triomphe des écritures blanches ou plates, de Wikipédia et des récits publiés sur Tweeter, partagent-ils encore cet «idéal du style» ? Pierre Michon, grand prix du roman de l'Académie française 2009, n'est-il pas un brin délirant en affirmant que «quiconque se destine ...

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