Et voilà le travail

Et voilà le travail

Les tribulations d'un prolétaire lucide en proie à la toute-puissance patronale.

Il n'y a pas de point final dans À la ligne. Pas de ponctuation à ces lignes-là qui retracent le quotidien d'un ancien éducateur spécialisé, diplômé en littérature après une prépa et reconverti en ouvrier. Joseph Ponthus raconte son histoire dans un style au rythme et aux évocations poétiques (Apollinaire, Perec, La Bruyère...), rapprochant l'usine du divan, multipliant les références à la psychanalyse.

Il a rejoint sa compagne dans une zone où l'emploi se fait rare et s'est résolu à travailler entre des heures où le soleil se repose de l'autre côté du globe. « Je ne connais que quelques types de lieux qui me fassent ce genre d'effets/Absolu existentiel radical/ Les sanctuaires grecs/ La prison/ Les îles/ Et l'usine ». Il expose le détail de ses postes : l'essorage de tofu, le tri des fruits de mer, et enfin, le plus hard, l'abattoir, les boeufs. Des carcasses suspendues à des crochets, des carcasses que l'on brise, séparées pour être mieux ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard