Et les futuristes turbinaient, turbinaient...

Et les futuristes turbinaient, turbinaient...

Ivre de vitesse et d'industrie, la première des grandes avant-gardes du siècle rêva de révolutionner tous les domaines, par-delà les seuls arts. À la fois très sérieux et comiques, les incontrôlables énergumènes se fourvoyèrent politiquement, mais leurs délires d'alors furent bien souvent prémonitoires.

Un goût prémonitoire pour l'esthétique des objets industriels, associé à une fascination exaltée pour la guerre. Si l'on ne peut retirer aux futuristes leurs deux propositions les plus célèbres, souvent les seules connues de notre côté des Alpes, on ne saurait se contenter de ce biface rudimentaire pour cerner la toute première « avant-garde » artistique du XXe siècle. Marinetti et ses compères n'ont pas seulement fait l'apologie de la machine et de la lutte sous toutes leurs formes ; ces poètes de la technique, art et vie confondus, ont formulé tant de propositions que leurs textes, réunis et traduits intégralement pour la première fois, couvrent plus de deux mille pages dont presque aucun domaine ne semble exclu. En réunissant ces fulgurances en un tout réfléchi, cohérent, abondamment présenté et documenté, Giovanni Lista, maître d'oeuvre de l'ouvrage, lance un magnifique pavé à la face de la lune, cette icône romantique que Marinetti voulait « assassiner ».

Tous les moyens ...

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