Et l'Angleterre mourut d'effroi

Et l'Angleterre mourut d'effroi

Ambiance crépusculaire, goût du sang et imaginaire sépulcral : le roman noir culmine en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle. Mais ses racines puisent bien au-delà, dans les littératures italienne et française de la Renaissance, ainsi que dans le terreau macabre des tragédies de Webster et de Shakespeare.

Le 24 décembre 1764, Le Château d'Otrante de Horace Walpole surgit d'un coup dans les librairies londoniennes : le donjon est une stèle inaugurale incontestable. Que le coup d'envoi de l'étrange parade gothique soit aisément repérable ne fait pas d'elle, néanmoins, un phénomène brusque, aussi soudainement chu au sein des lettres européennes que ce heaume géant hérissé de plumes noires dont l'atterrissage mortel et fracassant ouvre le roman de Horace Walpole. L'atmosphère, de longtemps, était à l'orage. Le « mal vient du plus loin », et de puissantes racines, de lointaines prémices européennes nourrissent et accompagnent la germination lente du récit d'horreur qu'épanouira la gothic story avec son foisonnement de meurtres, de détentions arbitraires et de sombres conspirations. Origine populaire, tout d'abord, avec ces ancêtres des tabloïds que sont, à l'orée du XVIe siècle, les « canards sanglants », simples feuillets ou minces brochures à destination d'un public po ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »