Et ça vous fait rire ?

Et ça vous fait rire ?

Boris Johnson Premier ministre

En 2013, Jonathan Coe, figure de cette rentrée étrangère, publiait dans London Review of Books un article clairvoyant dans lequel il analysait comment la satire politique servait le personnage de Boris Johnson, même quand elle était dirigée contre lui. L'écrivain lui promettait alors un grand avenir...

en 1963, alors que le succès du spectacle de théâtre Beyond the Fringe (« Au-delà des limites ») semblait avoir donné au public britannique un appétit nouveau pour la satire, le dramaturge anglais Michael Frayn avait tenté d'expliquer le phénomène : « On peut supposer que cette demande a émergé parce que, après dix ans de gouvernement conservateur stable, et sans perspective de changement en 1961, les classes moyennes ont éprouvé une accumulation de vague culpabilité, née de l'écart entre leur sécurité et leur prospérité et la misère permanente de ceux qui persévéraient à échouer à se conformer, parce qu'ils étaient noirs, ou homosexuels, ou fous, ou vieux. Et on peut supposer que les classes moyennes ont éprouvé le besoin de se dégager, par le rire, de toute responsabilité dans cette situation, et de soulager ainsi leur conscience sans avoir à voter pour ce qui pourrait réduire leurs privilèges. »

Si la comédie tournée contre l'establishment permet ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard