On est sérieux à 20 ans

On est sérieux à 20 ans

Ils sont jeunes, intransigeants et fragiles. En noir et blanc, ils parlent littérature, cinéma, politique. On se croirait dans les années 1970, mais on est en plein 2017.

À Paris, de nos jours et en noir et blanc, dans des mansardes et studios enfumés, dans des cafés et sous les draps, des étudiants en cinéma discutent des films qu'ils aiment ou dont ils rêvent, de la manière aussi dont ils conçoivent l'existence, l'art ou l'action politique. Ils se séduisent, se jaugent, se chicanent, s'épatent ou s'irritent les uns les autres. Ils balancent de grands noms, Dreyer, Visconti, Pasolini, Flaubert, Novalis ou Nerval - le fantôme qui tient le haut du pavé : certains sont des romantiques volontiers ténébreux et affichent une intransigeance ombrageuse dans leurs choix.

Cela pourrait être terrible de solennité et de pompe, presque une parodie de French intellectual movie, et c'est tout le contraire : un film qui prend au sérieux la jeunesse, c'est-à-dire, en effet, sa part de sérieux, sans la dénigrer ni s'y complaire. Ses personnages vacillent sous les certitudes, aussi hâtivement assénées que vraisemblablement fragiles, sur le fil ...

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