Envoyé spatial

Envoyé spatial

Une fiction scientifique et nippone hyperdocumentée avec en prime le spectre de la Corée du nord.

Kazumi Kimura a un don singulier. En utilisant sa main ou son bras comme échelle, il est capable de se représenter mentalement notre planète et, à l'aide de quelques coordonnées, de calculer avec précision les déplacements d'objets en orbite. Aux États-Unis ou en Chine, il serait un ingénieur respecté. Au Japon, où les programmes aérospatiaux sont moins ambitieux, il anime Meteor News, un site Internet qui anticipe les retombées de débris spatiaux dans l'atmosphère terrestre pour observer des étoiles filantes. Il est assisté par Akari Numata, une développeuse brillante, mais aux capacités tout aussi sous-exploitées.

Nuage orbital est l'histoire de ces ingénieurs du reste du monde en 2020, pour la plupart résignés devant le monopole de quelques nations sur l'exploration spatiale. Nos deux héros se retrouvent entraînés dans le plan d'espions nord-coréens déterminés à inverser le rapport de force en prenant le contrôle de l’orbite terrestre basse, où se trouvent les stations spatiales et la plupart des satellites. Ils croiseront un ingénieur somalien devenu l'assistant d'un milliardaire américain – dont le hobby implique l'utilisation d'un radar militaire que peu de gouvernements pourraient s'offrir –, ou encore le chercheur iranien Jamshed Jahanshah, qui pourrait revendiquer la paternité d'une des plus grandes inventions astronautiques de l'histoire si le régime lui laissait accéder à Internet. Ici Taiyô Fujii nous livre un très bon roman de hard science, à la fois inventif et crédible, où l'épaisseur qui manque parfois à ses personnages est tout entière versée dans l'intrigue.

NUAGE ORBITAL, Taiyô Fujii, traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, éd. Atelier Akatombo, 512 p., 18 E.

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard