Entre mythologies et orgies de détails, épuiser le réel

Entre mythologies et orgies de détails, épuiser le réel

Misérabiliste ? Scientiste ? Pour en finir avec ces poncifs, il faut revenir aux sources du génie zolien : une grande intelligence des structures mythiques toujours à l'oeuvre dans le genre humain, un art consommé de la composition, une folie de la description poussée jusqu'à ses plus extrêmes limites.

On connaît trop, hélas ! les deux sortes de discours reçus qui caricaturent Zola. Le premier le dépeint se complaisant exclusivement dans le tableau des misères et des fatalités populaires. Qui n'a lu le cliché « C'est du Zola » clamé dans la presse chaque fois que surgit un fait divers où se conjuguent la misère et la barbarie ? Le second fait de lui un adepte naïf des traités contemporains sur la physiologie et l'hérédité, et un théoricien dogmatique du « document humain ». Dans les deux cas, une défiguration absolue.

Ce qui est vrai, c'est que Zola a pris au sérieux la condition populaire - et aussi bien celle des « classes élevées » - sur tous les plans : fièvres et pulsions du corps individuel, fièvres et convulsions du corps social. L'Assommoir et Germinal, et aussi La Curée, Une page d'amour et Pot-Bouille. Mais il l'a fait par les moyens d'une inspiration qui doit moins au docteur Lucas et à Taine qu'aux maîtres de la fiction romane ...

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