Entre angoisse et désir de table rase

Entre angoisse et désir de table rase

La matrice du récit apocalyptique s'est perpétuée jusqu'à nous, avec toutes ses ambivalences. Dévastation absolue ou transition éprouvante vers un monde meilleur ?

Artiste engagé connu en Allemagne, Klaus Staeck a récemment détourné une gravure d'Albrecht Dürer. À la série illustrant l'Apocalypse de saint Jean, son poster emprunte les quatre cavaliers annonciateurs de la parousie (le retour du Christ glorieux). Ici, ils n'annoncent ni la victoire de la foi chrétienne, ni le règne de la justice, ni même la mort qui moissonne la terre, mais ce que l'artiste considère manifestement comme de grands périls contemporains, à savoir Amazon, Apple, Google et Facebook, désignés sobrement par un cartouche rouge. La gravure originale a été publiée en 1498, une période particulièrement réceptive au message millénariste. Un peu plus tard, au temps de Luther et des réformes religieuses, la Rome papiste a été identifiée à la « grande prostituée », une figure énigmatique du texte de saint Jean qui peut évoquer la mainmise du mal sur le monde. Que le message de Dürer puisse encore être accessible au public est en soi significatif de l'attention permanente porté ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
Hommage à ce grand théoricien de la littérature

Sondage IPSOS