On entend des voix

On entend des voix

Un roman choral sous une forme poétique savamment déstructurée où le prince est un enfant.

La douleur porte un costume de plumes, récemment sorti en poche chez Points, avait marqué les esprits. Le ton ? Gothique, lyrique, et suavement torturé. Max Porter travaille le deuil, l'angoisse et le chagrin, met sur pied des choeurs confus, orchestre des polyphonies baroques, offre une voix aux rêves, à la mort et, ici, aux choses indicibles peuplant les sous-bois. Lanny, son deuxième roman, est un poème savamment déstructuré mais parfaitement intelligible (la traduction, impeccable, n'y est pas pour rien). Passé les premières pages, sa langue hachée s'impose au lecteur avec l'évidence d'une mélodie oubliée. Une prouesse, une vraie !

L'histoire, dans un village de la campagne anglaise, est celle d'un petit garçon rêveur et (trop) aventureux, de ses parents un peu aux fraises, de Pete le Dingue - un vieux peintre au passé trouble - et de ce qui arrive quand une ancienne légende « aux bras en mélèze malade » reprend vie, « se divise et brinquebale, se scinde ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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