COMMENT TU ME PARLES...

COMMENT TU ME PARLES...

Passion française des XVIIe et XVIIIe siècles, la conversation peut-elle encore se déployer à l'heure des réseaux sociaux ? Est-elle un luxe révolu ou une forme d'échange à réinventer d'urgence ? Tour de table avec quelques essayistes.

Fut-ce un moment du génie français ? Suffisamment en tout cas pour que, malgré son apparente futilité, l'historien Marc Fumaroli fasse de la conversation un des « lieux de mémoire » du célèbre ouvrage concocté par son confrère Pierre Nora (1). La conversation. Pas le blabla insipide, pas l'échange plat de nouvelles, pas le texto informatif ni la note vaguement gribouillée, mais cet échange poli et courtois entre deux personnes, profond quant au fond et léger quant à la forme, qui appelle de tous ses voeux la contradiction, l'enrichissement et le choc, frontal mais aimable, de points de vue opposés. Loin du bavardage, cette conversation n'est pas non plus pure éloquence, trop apprêtée, trop exercice d'école. Elle se veut allègre, spontanée, naturelle, et devint un tel emblème de la France du XVIIe siècle que, dans son colossal De l'Allemagne, Germaine de Staël lui consacre un long développement : « Le genre de bien-être que fait éprouver une conversation animée ne consiste p ...

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