Enjeux politiques de la paresse

Enjeux politiques de la paresse

Tantôt résistante ou complice face aux pouvoirs fanatiques, tour à tour refus du travail ou justification de son organisation, la paresse n'a cessé d'être politique, et problématique : à ce titre, son histoire mérite d'être travaillée.

Dans son Éloge de la grasse matinée , le satiriste Karl Kraus pose que, dans un monde où les pires choses se passent avant le déjeuner, le bon citoyen a pour devoir de rester au lit jusqu'à midi. Ce ne sont que les dictateurs et les fanatiques qui se lèvent tôt. Kraus, juif autrichien des premières décennies du xxe siècle, fut témoin des débuts du nazisme, exemple par excellence de l'efficacité et de l'énergie du fanatisme.

Kraus semble dire que le bien se fait par omission tandis que le mal se commet, que ce n'est pas d'engagement dont nous avons besoin mais de désengagement. Peut-être, mais la paresse est de nature paradoxale : à la fois révolutionnaire, radicale, résistante, elle peut aussi relever de la réaction, de l'apathie et de la complicité par inaction.

Le droit à la paresse. La paresse est politique, et l'a toujours été. Peut-être même est-elle politique avant tout. Son grand théoricien, Paul Lafargue, publia

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