Endurer et murmurer

Endurer et murmurer

Il ne faut pas que les écrivains se croient grands parce qu'ils se frottent à la grandeur, ils doivent au contraire essayer d'être significatifs dans les petites choses », notait Robert Walser dans La Rose 1. Quelques pages plus loin, il prédisait que la guerre entre les discrets et les bruyants, les timides et les éhontés, ne prendra vraisemblablement jamais fin. Tonitruant, Walser l'était peu, et il prenait un malin plaisir à se décrire comme un propre à rien, humble, docile, attaché aux broutilles, se contentant de peu et s'abandonnant volontiers au « délicieux inexplicable ».

Quand, en 1917, il publia Petite prose , il n'était pas sans savoir que les auteurs d'esquisses, de nouvelles et de romans vont leur chemin en étant « passablement négligés ». En composant des pièces humoristiques sur lui-même et sur quelques velléitaires qui n'en mènent pas large, étudiants, littérateurs, lecteurs avides, passants insignifiants ou maniaques de la précision, il voulait, de son pro ...

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Entretien

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