En venir aux mots

En venir aux mots

Assimiler la libération de la parole des femmes à de la délation permanente est indécent et révoltant.

quand les hommes ont peur, c'est pour eux-mêmes. Mais leur haine est pour les autres. » Comment ne pas songer aux paroles de la Peste dans L'État de siège, de Camus, en constatant que, plus d'un an après #balancetonporc, les femmes ne cessent d'être ce qu'elles ont toujours été : un catalyseur de haine. Une haine qui peut toujours compter sur l'inertie frileuse des habitudes séculaires dans lesquelles elle incube. Le traitement réservé aux violences faites aux femmes, épinglé par la journaliste Sophie Gourion et mis en lumière par Sophia Aram dans son dernier spectacle, témoigne de cette banalisation d'actes inacceptables dont on s'indigne toujours trop tard. Romancer la violence en substituant « drame passionnel » à « homicide conjugal », ou en proposant des titres comme « Il frappe sa femme car il n'aime pas la soupe » qui mettent en scène une causalité absurde pour occulter la seule valable (une misogynie viscérale), c'est l'euphémiser et, déjà, l'excuser.

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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