En dentelle ou en guenilles

En dentelle ou en guenilles

Raffinement de l'élégance dans l'art de tuer, sens du geste théâtral et du bon mot devant la mort : le xviiie siècle apparaît comme le moment de la guerre en dentelles. La Révolution française y mettra un terme, avec ses républicains déguenillés et ses citoyens en armes.

«Messieurs des gardes françaises, tirez. - Messieurs, après vous. Tirez les premiers. » L'échange de politesse entre lord Charles Hay, capitaine anglais et le comte d'Auteroche, le 17 mai 1745, à Fontenoy, est passé à la postérité, comme l'exemple d'une élégance qui ne s'arrête pas durant la guerre. On oublie que les Anglais ont en effet tiré, fauchant six cents soldats français et une cinquantaine d'officiers. La victoire de Fontenoy, longtemps compromise, se solde par des milliers de morts. On préfère se souvenir du maréchal de Saxe, perclus de douleur, traîné d'un coin à l'autre du champ de bataille pour commander les mouvements, le maréchal de Noailles, son aîné par l'âge et la carrière, se mettant sous ses ordres, le roi et le dauphin rêvant d'entrer dans la bataille et le duc de Richelieu qui devra attendre encore quelques années pour devenir lui-même maréchal, virevoltant d'un groupe à l'autre. Tout ce petit monde est habillé, chapeauté, galonné, ganté, botté et transporte su ...

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