Emporté par ce qu'il déplore

Emporté par ce qu'il déplore

Pour Heidegger, son époque est exposée à pire que la chute « puisque manque la hauteur d'où on pourrait tomber ». Lui-même n'est pas en surplomb lorsqu'il se laisse posséder par l'antisémitisme le plus banalement sordide.

Vous me demandez : « Que faire de Heidegger ? » Comme il est impossible d'écrire « avant les fêtes » (c'est votre indication) un texte qui devrait être celui auquel bien entendu je ne cesse de penser comme à un livre à venir, je suis tenu de me limiter à cette lettre.

Pardonnez-moi si je commence par dire que je pense avoir donné une indication à la fin du livre Banalité de Heidegger. J'ai indiqué là, de manière elliptique, que la remarque de Heidegger selon laquelle le temps présent est exposé à pire que la chute « puisque manque la hauteur d'où on pourrait tomber » vaut toujours pour notre temps. (C'est une citation des fameux Cahiers.) J'ajoutais que plus d'un aujourd'hui est prêt à dire la même chose. Certains, bien entendu, n'y consentiraient pas uniquement pour ne pas répéter l'auteur honni. Ils n'en pensent pas moins : qui pense aujourd'hui ne peut nier que nous manquent les moyens de même estimer ou mesurer la « chute » que partout on repère et dénon ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard