Emmanuel Berl et ses esprits frappeurs

Emmanuel Berl et ses esprits frappeurs

Emmanuel Berl

Nous trahissons les morts en les oubliant, et nous ne pouvons pas penser à eux sans les trahir. » Quand Emmanuel Berl, à la veille de subir une grave intervention chirurgicale, laisse remonter à la surface ses souvenirs, la pensée de sa propre mort l’oblige à ne pas se contenter d’abstraits hommages ou d’invocations complaisantes. Le livre pourrait faire des centaines de pages, il en fait 136, à la hauteur de la concision extrême de la pensée de Berl, qui interroge avec exigence le sens et la valeur de cette mémoire partielle et capricieuse. Il y a les morts qui existent comme des marbres, dont l’image est solidifiée avec netteté. Il y a ceux dont ne restent que les ombres portées sur certaines autres personnes et événements. Et il y a les revenants, dont le souvenir ne s’est jamais fixé, qui semblent toujours « soumis aux fluctuations du monde qu’ils ont quitté ». Parmi ces fantômes, l’image de Proust ressurgit à la faveur d’une lettre retrouvée. Mais c’est le spectre ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.