Emil Ferris, bille en tête

Emil Ferris, bille en tête

Au moyen d'un outil modeste, la dessinatrice, sur fond de camps nazis, réussit à bouleverser le récit, les images et les lecteurs.

souvent ces livres totaux arrivent de nulle part, construits sur fond de désarroi et de fureur, d'années de débine et de refus, ils subvertissent le genre censé les porter. Trop nerveux, au format qui dépasse les standards, au lectorat mal défini, bien qu'imprimés, ils bougent tout le temps ; on dirait des corps et on ne sait pas les classer. Alors on les place tout en haut, à trôner bien en vue au-dessus des rayons des chefs-d'oeuvre. C'est leur place. Il faut les montrer. Moi, ce que j'aime, c'est les monstres est le journal intime de Karen, soit une petite fille, monstre de son état, qui se transforme à l'occasion en loup-garou et parfois en vraie petite fille, soit, tout aussi possiblement, une petite fille qui s'imagine en monstre la plupart du temps et se mue à l'occasion en loup-garou. On est aux États-Unis, en 1968, et il s'agit toujours d'unir les États. Elle habite Chicago, un quartier pauvre et sous tension. Sa voisine Anka vient de mourir d'une balle da ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes