Elfriede Jelinek ou la perte de l'innocence

Elfriede Jelinek ou la perte de l'innocence

Le nazisme qui ne passe pas, l'innocence perdue, la réinvention du langage, la société autrichienne, l'engagement et le statut de la femme : Elfriede Jelinek aborde ici tous ces sujets avec le regard sans concession qui la caractérise.

Qui a peur de Mme Elfriede Jelinek ? Discrète habitante d'une Vienne paisible, en bordure de la forêt, Elfriede Jelinek ne voit plus grand monde. Même pour son prix Nobel obtenu en octobre 2004, elle n'avait pas fait le déplacement, lisant un discours à distance. Elle ne supporte pas la foule, peu importe qu'elle fût admirative. Discrète assurément, désormais à l'écart des médias, mais toujours implacable, assassine, ironique, d'une violence langagière à l'endroit de tous les poncifs de la pensée, de toutes les mollesses craintives, Jelinek invente sa langue : charriée, retournée en jachère, fluide et cassante à la fois, d'une grande complexité à traduire, ce dont Olivier Le Lay, passeur de son dernier roman, s'acquitte à merveille. Il s'agit à la fois de contrôler l'excès des mots et en même temps de se laisser engloutir. Faire la planche au-dessus du vide. Frôler la folie. Tout vient de son enfance ; de ses parents, dont elle dit dans L'Entretien ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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