Eduardo Gallarza «Un sens décisif du non-dit »

Eduardo Gallarza «Un sens décisif du non-dit »

J'ai toujours aimé la sincérité de la première page de Henry Brulard, cette rêverie d'un matin d'octobre 1832 devant le paysage de Rome, où les souvenirs mêlés de La Transfiguration de Raphaël et de la bataille de Wagram amènent la nécessité de faire bilan de l'existence. Sincérité du ton, sincérité du fond, l'emportant sur la véracité - les scholiastes ont beau jeu d'insister que Beyle ne se trouvait pas ce jour-là au mont Janicule, et lui-même de reconnaître, deux pages plus loin, ne s'être nullement battu à Wagram. Ai-je un caractère triste, ou un caractère gai - voilà les termes du bilan qu'il veut dresser ; la somme des actes d'un homme importe moins que la connaissance qu'il peut avoir de soi-même, connaissance saisie au miroir de ses amitiés, et par ailleurs faite de paradoxes : "Je passe pour un homme de beaucoup d'esprit et fort insensible, roué même, et je vois que j'ai été constamment occupé par des amours malheureuses."

Paradoxe d'un homme ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard