Dupin rejoint le cosmos

Dupin rejoint le cosmos

L'un des derniers titans de la poésie du XXe siècle s'est éteint, laissant une oeuvre comme taillée au silex.

S'est-elle éteinte, la voix de Jacques Dupin, ou résonne-t-elle encore dans la montagne de ses mots, au coeur des lichens et des chardons, des cailloux et des oiseaux ? Cendrier du voyage (1950), son premier recueil, préfacé par René Char et doté d'un frontispice d'André Masson, augure le compagnonnage de toute une vie, en résonance avec poètes et artistes ; il fondera en 1966 la revue de poésie et d'art L'Éphémère. Son oeuvre gravite dans la constellation d'Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, André du Bouchet - une poésie du lieu, présent interstellaire à opposer à un après-guerre en ruine. Si les deux premiers suspendent leur poème à l'invocation d'une possible présence, du Bouchet et Dupin sculptent un tout autre monde, où le sujet s'est dissous : contre-lyrisme d'un territoire inédit qui, en chaque poème, s'édifie sur de nouveaux gravats.

S'est-elle évanouie, la plume du poète, dont les textes de critique d'art, cherchant à capter l'irréductibilité du ges ...

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