D'une singulière absence dans nos démocraties

D'une singulière absence dans nos démocraties

L'avènement et l'expérience des totalitarismes a fait percevoir l'ancien « bon peuple » comme une masse dangereuse et a réduit le populisme à ses expressions extrémistes. Mais que signifie une démocratie où le peuple ne saurait exister ?

En politique, le peuple n'est jamais à l'équilibre. Il y en a toujours trop, ou trop peu. Trop pour ceux qui aimeraient qu'il reste « introuvable » (Pierre Rosanvallon) ; trop peu pour ceux qui jugent qu'on le néglige, l'oublie ou le méprise (Ernesto Laclau). Le populisme est, pour les premiers, un danger permanent à conjurer (Dominique Reynié) ; pour les seconds, le signe d'un malaise démocratique qu'il faut entendre si on veut le soigner (Annie Collovald). Entre injonction populaire et tentation populiste, le chemin démocratique est étroit, car le peuple de la démocratie est le même que celui du populisme, il est présent dès lors qu'il s'agit de démocratie, à la fois comme seule source de légitimité incontestable de l'ordre politique (le populus des Romains, le « bon peuple », celui qu'exalte Michelet) et comme danger mortel pour celui-ci (la plèbe des Romains, la populace, le « bas peuple » remuant et menaçant, celui de la « tyrannie de la majorité » de Tocqueville).

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon