D'une singulière absence dans nos démocraties

D'une singulière absence dans nos démocraties

L'avènement et l'expérience des totalitarismes a fait percevoir l'ancien « bon peuple » comme une masse dangereuse et a réduit le populisme à ses expressions extrémistes. Mais que signifie une démocratie où le peuple ne saurait exister ?

En politique, le peuple n'est jamais à l'équilibre. Il y en a toujours trop, ou trop peu. Trop pour ceux qui aimeraient qu'il reste « introuvable » (Pierre Rosanvallon) ; trop peu pour ceux qui jugent qu'on le néglige, l'oublie ou le méprise (Ernesto Laclau). Le populisme est, pour les premiers, un danger permanent à conjurer (Dominique Reynié) ; pour les seconds, le signe d'un malaise démocratique qu'il faut entendre si on veut le soigner (Annie Collovald). Entre injonction populaire et tentation populiste, le chemin démocratique est étroit, car le peuple de la démocratie est le même que celui du populisme, il est présent dès lors qu'il s'agit de démocratie, à la fois comme seule source de légitimité incontestable de l'ordre politique (le populus des Romains, le « bon peuple », celui qu'exalte Michelet) et comme danger mortel pour celui-ci (la plèbe des Romains, la populace, le « bas peuple » remuant et menaçant, celui de la « tyrannie de la majorité » de Tocqueville).

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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