D'une si douce atrocité

D'une si douce atrocité

Dans l'Amérique pavillonnaire, rien ne dépasse, tout paraît lisse et bien rangé. Que peut-il bien arriver ici ? L'incroyable, sinon le pire. Dans l'abyssale monotonie couve une horreur insidieuse, toujours prête à surgir. Laura Kasischke sait lui donner forme, à la lisière du fantastique.

Saluée en France comme l'une des plus grandes romancières américaines, poétesse estimée aux États-Unis, Laura Kasischke est née dans le Michigan, où elle enseigne l'écriture à l'université. Je me souviens y avoir passé plusieurs semaines, non loin de la petite ville d'où elle est originaire. Je revois les maisons presque semblables, les pelouses vertes et régulières, longées de haies parfaitement taillées, les familles souriantes, comme sorties de publicités, et un garçon de là-bas qui ne pensait qu'à s'échapper. J'imagine que Laura Kasischke y a songé aussi. « On luttait contre l'ennui en buvant, raconte-t-elle. Avec des conséquences dramatiques, les accidents de voiture, les grossesses non désirées, les noyades dans les piscines. Prendre des risques me semblait vraiment excitant, c'est ce que j'éprouve encore en écrivant. »

Très jeune, elle trouvait dans la lecture et l'écriture un exutoire à la monotonie. Fille unique, proche des adultes, elle recevait des confidences qui ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes