Du vice au crime social

Du vice au crime social

Au xviiie siècle, la paresse, c'est les autres : nobles, libertins, pauvres et sauvages sont accusés de paresse. Mais moins qu'un péché capital, celle-ci s'apparente peu à peu à un crime contre une valeur montante de la société : le travail.

Le xviiie siècle, ce siècle de « la douceur de vivre », de la quête obstinée du bonheur, encouragea-t-il la paresse ? En fit-il un idéal de vie en le revêtant des oripeaux de l'épicurisme ou des habits plus somptueux de la philosophie ? Il n'est pas aisé de répondre. La légende républicaine et la doxa explicative de la Révolution confondirent un peu vite « la douceur de vivre » et la paresse pour accuser la noblesse devenue avec la Révolution l'aristocratie de faillir à ses devoirs, et d'avoir fait de son inutilité sociale un art de vivre. Procès un peu rapide, mais qui permettait d'exalter les vertus bourgeoises d'économie, d'ordre, de goût pour le travail et de légitimer ainsi les prétentions du tiers état à devenir quelque chose. La bourgeoisie, à qui l'on n'allait pas tarder à reprocher sa platitude, son âpreté au gain et son hypocrisie, avait affirmé très tôt qu'à défaut de c?ur, elle avait du c?ur à l'ouvrage.

Le procès de la noblesse n'avait nul besoin de ce chef d'acc ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes