Du vice au crime social

Du vice au crime social

Au xviiie siècle, la paresse, c'est les autres : nobles, libertins, pauvres et sauvages sont accusés de paresse. Mais moins qu'un péché capital, celle-ci s'apparente peu à peu à un crime contre une valeur montante de la société : le travail.

Le xviiie siècle, ce siècle de « la douceur de vivre », de la quête obstinée du bonheur, encouragea-t-il la paresse ? En fit-il un idéal de vie en le revêtant des oripeaux de l'épicurisme ou des habits plus somptueux de la philosophie ? Il n'est pas aisé de répondre. La légende républicaine et la doxa explicative de la Révolution confondirent un peu vite « la douceur de vivre » et la paresse pour accuser la noblesse devenue avec la Révolution l'aristocratie de faillir à ses devoirs, et d'avoir fait de son inutilité sociale un art de vivre. Procès un peu rapide, mais qui permettait d'exalter les vertus bourgeoises d'économie, d'ordre, de goût pour le travail et de légitimer ainsi les prétentions du tiers état à devenir quelque chose. La bourgeoisie, à qui l'on n'allait pas tarder à reprocher sa platitude, son âpreté au gain et son hypocrisie, avait affirmé très tôt qu'à défaut de c?ur, elle avait du c?ur à l'ouvrage.

Le procès de la noblesse n'avait nul besoin de ce chef d'acc ...

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