Du moi comme auberge espagnole

Du moi comme auberge espagnole

Si l'auteur écrit souvent « je », ce n'est pas pour se flatter ou s'affirmer, mais pour se mettre à l'épreuve : un moi poreux, scindé, dédoublé, contrefait, changeant de nom ou de caractère...

Je n'aurais pas pu entamer cet article consacré à l'ambigu Vila-Matas autrement que par le pronom personnel « je » : il parsème l'oeuvre de notre auteur, il y fait office de jalon, de signe de piste, de case noire pour grille de mots-croisés, de mouche sur le visage d'une précieuse et d'empreinte digitale soumise à la sagacité parfois acerbe de Sherlock Holmes. On craindrait d'y voir la marque du narcissisme - en observant les je de Vila-Matas avec, précisément, la loupe de Sherlock Holmes, on devine qu'il s'agit d'autre chose, à côté ou à la place du narcissisme. Tenter de savoir ce qu'est cette autre chose est un des buts de cet article.

Qui étudie Vila-Matas doit récolter le plus d'indices possibles, quitte à remplacer l'étude par l'enquête : on recueillera alors les indices dans un certain ordre, croisant les doigts pour qu'il soit le bon, comptant sur l'interprétation dilettante des signes pour dévoiler le sens là où il se dissimule.

(Dans Le Club des tueurs d ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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