Du moi au monde

Du moi au monde

De la Vie de Henry Brulard aux Souvenirs d'égotisme , Stendhal n'hésite pas à dire « je ». Un égotisme qui n'est pas un égocentrisme : le monde demeure au centre de son écriture.

Sous le coup de la révélation alors récente des écrits posthumes qu'on venait d'exhumer de ses manuscrits, les premières années du siècle dernier, Gide, Valéry et autre Léautaud aidant, virent évoluer substantiellement l'image d'un auteur dont l'oeuvre ne se limitait plus en gros au Rouge, à La Chartreuse et à quelques voyages italiens. L'implacable et irremplaçable psychologue que venait de vanter Nietzsche, laissait la place à un être de « liberté », de « caprice », « d'imprévu », fait d'intimisme et de trouble « fin de siècle » dont l'éblouissante rhapsodie de Valéry en préface à Leuwen allait donner l'inépuisable portrait 1.

La suite du siècle, et le retour qu'y fit le tragique dans l'histoire, rendit, peut-être jusqu'à l'excès, au texte stendhalien son mordant premier et, pour un temps, à sa lecture son âpreté et ses intimations dérangeantes. La « fin des idéologies » qui suivit, le rêve de la fin de l'histoire, la sacralisation du texte, la fascination des « signes » et ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard