Du diamant brut

Du diamant brut

L'ancienne ministre de la Justice se livre à un exercice d'admiration pour Toni Morrison, dont l'oeuvre, dans sa totalité, l'a fascinée et tenue en haleine.

J'ai mes préférences. Cette phrase est d'une subversion absolue. Car tout est bon, très bon, très beau dans la littérature de Toni Morrison. Il y aurait quelque arrogance à préférer. Sauf que seule une telle marque de liberté rend hommage à bonne hauteur à cette écrivaine qui a happé puis pétri à sa main des univers, réels, attestés par l'histoire et les archives, toutes, y compris archéologiques, pour en faire le cadre, le décor animé, le fond sonore et coloré de sa comédie humaine. Une comédie humaine parsemée de drames individuels comme autant de ramifications et de réverbérations de la tragédie commune. Ses personnages, même lorsqu'ils sont inspirés de faits établis, comme dans presque tous ses romans, et en particulier dans Beloved, ont une étoffe, un relief, une résonance qui donnent chair, cris, nuances, creux, bosses, hoquets à la vie quotidienne. Ils nous font rire et suffoquer là où, dans sa distance, la grande histoire ne saurait que nous révolter ou nous bouleve ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard