Du côté obscur

Du côté obscur

Pulsions de mort, voire de meurtre, portraits cruels d'une humanité fondamentalement indifférente à autrui... Le goût de La Recherche pour l'ambivalence n'élude pas les zones d'ombre de l'inconscient.

L'écrivain n'est pas toujours sûr du sens de ce qu'il écrit. Comme nous tous, il possède un inconscient. Philippe Lejeune le suggère dans « Écriture et sexualité 1 » : « Il est fort possible qu'étant conscient de la présence de ses images, Proust n'en ait pas compris le sens. » C'est sans doute le travail de l'écriture qui a révélé Marcel à Proust. Ainsi, la façon dont il raconte comment sa mère vient lui donner le baiser du soir à Combray peut-elle se lire de deux manières. Ambiguë à souhait, la scène exprime la peur de l'enfant envahi, mais aussi tout l'ennui que provoque sa victoire et la « capitulation » de la mère. La récurrence de cet épisode sous diverses formes par exemple, lorsque le narrateur vit avec Albertine dévoile combien la sécurité d'une prétendue possession de l'autre engendre le désamour. Obscure ambivalence de toutes ces scènes qui regorgent de violence morale : les ténèbres des cauchemars frôlent des tentations souvent meurtrières. Après la lecture d'un roman, P ...

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