Drieu, un peu d'azur dans la fange

Drieu, un peu d'azur dans la fange

L'écrivain, fasciste et collaborateur assumé, vient d'entrer dans La Pléiade. L'occasion de mesurer ses réels états de service littéraires, si l'on accepte de dissocier art et moralité.

Fasciste engagé, antisémite déclaré, collabo assumé, Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945) n'aurait pas droit aux honneurs de La Pléiade tant son talent nonchalamment indécis végète à des années-lumière du tonitruant génie célinien ? À ce compte-là, on se demande pourquoi de médiocres romans de Morand (notamment France la doulce) y sont publiés sans que personne ne bronche. Et comment la prestigieuse collection a pu accueillir certaines oeuvres (Montherlant, Green) à côté desquelles celle de Drieu ne démérite pas. Mais voilà, à force de toujours rameuter idéologie et préjugés, de ne plus savoir ni vouloir lire, on devient confus et on dit n'importe quoi. Raison pour laquelle, si l'on accepte de dissocier art et moralité pour juger textes sur table, la bonne question n'est pas de savoir s'il a droit au Panthéon, mais sur quels états de service littéraires. Autrement dit, si le choix de ces dix romans, récits et nouvelles est représentatif de ce qu'a écrit de mieux ce dilettan ...

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